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Le patrimoine a kelibia: Une question de survie? (MFE Architecture / Soheib ESSOURI / 2007 / copyright


Le patrimoine à Kélibia (posté le 20/09/2010 à 18:51)

La situation du Patrimoine Bâti:

Le patrimoine à Kélibia, malgré son importance nationale, voire même internationale (on a trouvé aux voisinages de la ville des vestiges puniques et des mosaïques qui sont uniques), ce patrimoine et surtout celui bâti, passe par une situation critique, assez délicate et se trouve affronté à plusieurs facteurs causant sa dégradation…

* Les divers aspects du patrimoine bâti à Kélibia :
Le patrimoine à la région de Kélibia est bien riche, il varie des vestiges de l'antiquité jusqu'à la Médina "ElBled" de l'époque musulmane, et des apports andalous à la période coloniale.

-Le fort de Kélibia : ElBorj (et les ruines de l'ancienne ville de Kélibia : Bir Ennahal), c'est le monument le plus réputé de la région (d'ailleurs, il est le symbole de la ville), et est l'unique monument classé patrimoine national dans la ville (et malgré cela, il ne trouve pas de soin satisfaisant).
C'est une forteresse située à 150 m de hauteur construite au VIe siècle par les Byzantins sur des ruines puniques et romaines.


-Des cimetières antiques découverts à l'est d' ElBorj et dans la zone Kélibia la blanche : ce sont des chambres funéraires sculptées dans la pierre.


-L'ancien site Punique de Karkouan : il se trouve aux environs de Kélibia du coté nord. L'importance de ce site réside dans le fait qu'il est l'unique site qui à conserver les traces de la civilisation Punique sur le territoire tunisien après l'invasion romaine.

-'La Médina' de Kélibia = 'ElBled' : c'est le tissu urbain ancien le plus dégradé à Kélibia. Cette dégradation, s'avère-t-il, est, malheureusement, le résultat de la réunion de plusieurs facteurs.


Délimitation spatiale d'ElBled de Kélibia :
Bien que les limites du tissu architectural ancien se noient aujourd'hui entre les nouvelles édifications qui se réalisent et que son identité originale se perd continuellement, malgré un petit effort de conservation, on peut aidés par des textes historiques, s'apercevoir que la ville était limitée par une muraille entourée par trois anciens cimetières : "ElM'rah" (ou "Sidi Alwan"), "Sidi BouDhaoui" et celui de "Sidi H'med".

SIDI HMED ELM'RAH (Sidi Alwan) SIDI BOUDHAOUI
Sidi H’med, ElM’rah et Sidi Boudhaoui : les trois cimetières qui entouraient, autrefois, elBled de Kélibia

Historique d'ElBled de Kélibia :
Jusqu'à l'époque Aghlabide, Kélibia était implantée au pied du fort et à son voisinage.
L'implantation de la Médina Islamique revient au XVI siècle avec l'arrivée des turcs à la tête du pouvoir.
Ce changement de situation spatiale était une conséquence de la multiplication des invasions dans cette région stratégique de la Méditerranée.
De ce fait, le nouvel centre urbain fût entouré d'une muraille qui s'ouvre en deux portes : nord et sud.
De cette ancienne muraille, il nous ne reste, aujourd'hui, que l'histoire et les appellations des placettes à Kélibia, comme celle de "Beb Blad". Le tout fût démoli par les espagnoles lors de leur invasion.
C'est donc, l'absence du calme politique et économique dans la région qui a était à l'origine de la création de la Médina puis de sa dégradation.

Les traces de l'ancienne "Bled" à Kélibia aujourd'hui :
L'architecture islamique ancienne à Kélibia (la Médina), se trouve démolie pour être substituée par une nouvelle prétendant être ainsi à la mode du siècle, et ce sans réfléchir à la valeur historique et sociale de cet héritage qui marque notre identité nationale. L'exemple type serait sans doute la ville de DUBAÏ : elle, qui après ces quelques années de révolution spectaculaire, vit récemment une nostalgie pour son passé socioculturel et éprouve un désir de revivre quelques aspects de son histoire, dont l'architecture urbaine…

Aspects des bâtiments anciens à Kélibia :
• la majorité des édifications sont horizontales, les propriétaires se contentent dans leurs maisons d'un seul niveau RDC, et rarement un RDC+1.
• La décoration des édifices est simple : on ne sculpte et on ne décore par exemple que les encadrements des portes et parfois ceux des fenêtres.
• Les accès et les ruelles sont semblables à n'importe quel autre tissu urbain ancien, c'est-à-dire qu'ils sont généralement étroits et en chicane.

Une nouvelle architecture en train de se produire pour remplacer l'ancienne :
La spéculation foncière et l'amour du gain sont les responsables essentiels de cette malheureuse situation que connaît le patrimoine bâti.
C'est pourquoi, on trouve que la fin de ces édifices, est généralement tragique puisqu'ils sont démolis et toute une histoire et un patrimoine si précieux pour la mémoire d'un peuple est en voie de disparition.

Cité ElMrah Cité Sidi Hmed
Malgré la dégradation continuelle de ce patrimoine ancien, il existe quelques actions de sauvegarde ou de protection de l'image traditionnelle de l'architecture de Kélibia. Ces actions restent encore médiocres et si peu nombreuse pour pouvoir défendre cet héritage et cette mémoire populaire

Commentaires

l'architecte en Tunisie (posté le 20/09/2010 à 18:48)

1. EST-IL OBLIGATOIRE DE RECOURIR A UN ARCHITECTE POUR UN PROJET DE CONSTRUCTION?

En Tunisie, le recours à l'architecte est obligatoire pour tout projet dont la superficie dépasse 80 m2. Il est toutefois obligatoire d’obtenir un permis de bâtir pour tous travaux de construction.
Le permis de bâtir est délivré par les autorités municipales à l’intérieur des zones urbaines, par le ministère de l’agriculture dans les zones agricoles.
Certains projets à usage spécifique tels que les projets touristiques sont soumis à l’autorisation des ministères concernés.

2. QUELLES SONT LES CONDITIONS D’EXERCICE ?

L'exercice de la profession est soumis à l'inscription à l'Ordre des Architectes Tunisiens. Selon l’article premier de la loi 74-46 portant organisation de la profession d’architecte en Tunisie, nul ne peut porter en Tunisie le titre ni exercer la profession d’architecte s’il ne remplit les conditions suivantes : être de nationalité tunisienne ; être titulaire du diplôme d’architecte délivré par l’Institut Technologique d’Architecture, d’Arts et d’Urbanisme, ou d’un diplôme d’architecte reconnu valable par le Ministère de l’Equipement et de l’Habitat sur avis conforme des Ministères de l’Education Nationale et des Affaires Culturelles et après avis de l’Ordre des Architectes ; jouir de ses droits civiques ; ne pas avoir d’antécédents judiciaires ; être inscrit au Tableau de l’Ordre des Architectes.
Toutefois des autorisations d’exercer la profession d’architecte peuvent être accordées à titre précaire et révocable par le Ministère de l’Equipement et de l’Habitat dans les conditions de réciprocité fixées par les conventions diplomatiques et après avis du Conseil de l’Ordre des Architectes aux architectes étrangers qui en formuleraient la demande.
Les architectes étrangers autorisés, en application des dispositions du présent article à exercer la profession d’architecte en Tunisie sont soumis à toutes les obligations relatives à l’exercice de cette profession définies par la législation en vigueur.

3. QUELLE MISSION PUIS-JE CONFIER A L'ARCHITECTE ?

Les missions que l'on peut confier à l'architecte sont les suivantes :
- l'établissement de programme (mission P0),
- l'avant projet sommaire (APS ou mission P1) ou esquisse (plans éch.1/200)
- l'avant projet détaillé et le dossier financier (APD ou mission P2)(plans éch.1/100)
- le projet d'exécution et le dossier d'appel d'offres (PE ou mission A1)(plans éch. 1/50, 1/20 et autres)
- la coordination de l'ensemble des études (mission A2)
- le suivi de l'exécution des travaux de génie civil (mission B1)
- la coordination de l'ensemble des travaux (mission B2)
- l'établissement des décomptes et le règlement des entreprises (mission D)
- le pilotage du chantier (mission C)(cette mission englobe B1, B2 et D).
Toutefois ces missions sont surtout respectées dans les grands projets et les bâtiments civils.
Les rapports d'évaluation de risques D0 et D1: établis par le bureau de contrôle et visés par l'architecte:
D0 : rapport initial de définition de risques.
D1 : note complémentaire pour les travaux spéciaux.

4. COMMENT L'ARCHITECTE EST-IL RÉMUNÉRÉ ?

Dans le secteur public, l’architecte est rémunéré suivant le décret 78 qui définit les honoraires des architectes en fonction du montant des travaux exécutés.
Dans le secteur privé, les honoraires des architectes sont établis jusqu’à ce jour par un accord mutuel entre l’architecte et son client.
Toutefois, le Conseil de l’Ordre des Architectes est en train d’établir un barème d’honoraire du seuil minimum pour le secteur privé qui sera applicable dans un futur proche.

5. QUELLES SONT LES RÈGLEMENTATIONS EN VIGUEUR ?

La loi 94/9 du 31/01/1994 relative à la responsabilité et au contrôle technique dans le domaine de la construction.
La loi 94/10 du 31/01/1994 relative à l'insertion d'un troisième titre dans le code des assurances.
Les rapports d'évaluation de risques D0 et D1 sont réglementés des missions du contrôleur technique.

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